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Cahier Vivre
Publié le 01 octobre 2010 à 15h00
| Mis à jour le 01 octobre 2010 à 15h00
Un parfum naît du mariage des arts

L'artiste Zïlon et le parfumeur
Claude André Hébert ont accouché d'Eaux Trouble$,
à la fois un parfum et une exposition qui s'en inspire.
L'artiste
Zïlon, qui aime poser sa griffe partout et notamment sur les murs
de Montréal - sa première galerie -, n'avait jamais apposé
sa signature sur un parfum. C'est maintenant chose faite avec Eaux Trouble$,
créé pour lui par le parfumeur montréalais Claude
André Hébert. Ce qui lui a inspiré l'exposition
du même nom, pour un lancement double d'Eaux Trouble$ - l'expo,
le parfum - à la galerie MX mercredi.
C'est en passant devant la boutique de Hébert sur Laurier (aujourd'hui
fermée) et en voyant le flacon de parfum Bûcheron habillé
d'un tissu à carreaux que Zïlon a eu envie de découvrir
ce parfumeur. "Nous avons avant tout voulu nous connaître,
nous avons parlé de notre enfance, de nos visions comme artiste
et parfumeur, raconte-t-il. L'idée de créer un parfum
est arrivée tout naturellement."
Cette rencontre est bien tombée dans la vie de Claude André
Hébert, qui connaissait une période "trouble",
de son propre aveu: il sortait d'une dépression. Ce côté
sombre pouvait servir à l'élaboration d'un parfum pour
Zïlon, qu'il qualifie de rebelle. De toute façon, le parfumeur
dit toujours partir d'une histoire personnelle pour élaborer
ses créations, dont il n'aime pas dévoiler les ingrédients.
Ce sont les mots de ses histoires qui se transforment en ingrédients,
et il laisse le client créer sa propre histoire à partir
du résultat... "Ma façon de m'exprimer, c'est de
créer des parfums", résume-t-il.
Intuitif, émotif, original, il a entre autres créé
Bûcheron en s'inspirant du métier de son père. Pour
son 100e anniversaire, la ville de Saint-Quentin au Nouveau-Brunswick
lui a passé une commande, et le parfumeur a créé
Joseph et Rose-Aimée, du nom de ses grands-parents originaires
de la ville.
Une petite mésaventure à New York est à l'origine
de l'esprit d'Eaux Trouble$. "Je m'étais perdu dans un quartier
plutôt dangereux où ne vont pas les touristes, raconte-t-il.
J'étais dans le trouble! J'avais peur, mais, en même temps,
j'aimais ça."
Unisexe et... montréalais!
Résolument urbaine et audacieuse, la fragrance "unisexe"
Eaux Trouble$ étonne, et puis charme. Aucune fleur dans sa composition,
mais des tonalités citronnées, avec des touches de vétiver,
de patchouli, de cuir. "Ce n'est pas ce que l'on pourrait qualifier
d'eau fraîche, explique son créateur. Cela évoque
l'eau qui ruisselle dans les ruelles, le béton mouillé,
ce n'est ni un homme ni une femme... Cela représente Montréal."
Parlant
de la métropole, le parfumeur a créé pour sa ville
cinq parfums qui, semble-t-il, ont ravi le maire, et qui seront lancés
en novembre. Oratoire, À l'ombre du clocher, Basilique Notre-Dame,
Ville-Marie et... Métropole. L'un de ces parfums s'envolera même
vers le Vatican pour la canonisation du frère André! Et
à cela s'ajoute Clara, un parfum pour enfant, qu'on trouvera
au Marché Casse-Noisette. Claude André Hébert l'avoue:
il est dans une boulimie parfumée. «J'ai créé
une trentaine de parfums depuis quelques années, c'est presque
trop!»
Le
design du flacon Eaux Trouble$ est, bien sûr, signé Zïlon.
Les 100 premiers seront des pièces de collection, que l'on peut
voir à l'exposition de la galerie MX. C'est une belle collaboration
pour l'artiste et le parfumeur, qui estiment que les arts doivent s'épauler.
Eaux
trouble$, à la galerie MX (333 ave. Viger Ouest), jusqu'au 17
octobre. Événement grand public en présence de
l'artiste, le 8 octobre de 17h à 20h, et le 9 octobre de 14h
à 17h.
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